Elections législatives et européennes du 13 juin 2004
Questionnaire aux partis politiques et à leurs candidats et candidates
Le débat démocratique
vivant
Question 18
De plus en plus, les décisions importantes sont prises au niveau gouvernemental sans qu'il n'y ait a priori un débat parlementaire ou avec la société civile. Ceci est particulièrement vrai pour les sujets "européens".
Etes-vous d'accord que les documents
de travail et de positionnement du gouvernement luxembourgeois soient rendus
publics comme c'est le cas en Suède afin que la population puisse
s'informer?
Réponses:
Liste 2: DP
Le DP estime que les positions du Gouvernement en
ce qui concerne les questions européennes soient disponibles au
public. Ainsi le Gouvernement luxembourgeois publie régulièrement
ses positions prises au sein du Benelux. D'autre part la Commission des
Affaires Etrangères est renseignée régulièrement
par le Ministre des Affaires étrangères sur la position du
Luxembourg au niveau européen.
Liste 3: LSAP
Oui, suivant le principe de l'accès à
l'information repris dans la proposition de loi de notre député
Alex Bodry.
HAMMELMANN Paul:
Oui.
NATI Romain:
Oui. Encore faudrait-il que le travail parlementaire
ne soit pas bâclé tel qu'il l'est actuellement.
Liste 4: Déi Gréng
Nous voulons que le Parlement luxembourgeois soit mieux informé par le Gouvernement et plus étroitement impliqué dans la politique européenne. Bien que plus que deux tiers des textes adoptés par la "Chamber" concernent la transposition de directives européennes en droit national, notre gouvernement et nos ministres n'impliquent le Parlement et la société civile que de manière insuffisante lors de la négociation initiale de ces textes à Bruxelles. Cela nuit aussi bien à l'image du Parlement, qu'au principe de transparence, à la proximité des citoyens et à la démocratie. Par-là, nous sommes d'accord que les documents de travail et de positionnement du gouvernement soient rendus publics. Mais cela ne suffit aucunement. Il faudra que le gouvernement discute les dossiers non pas avant ou après les votes au Conseil des Ministres, mais dès le début des négociations et ensuite régulièrement au cours de la procédure. Toute la procédure doit être transparente. Il ne s'agit néanmoins pas de noyer le Parlement sous des montagnes de documents ou de courriers électroniques, mais d'une information honnête, régulière, claire et précise de la part du gouvernement.
La société civile devra elle aussi
être plus étroitement impliquée dans les processus
décisionnels européens. Nous souhaitons que des fonds publics
spécifiques soient mis à leur disposition pour le travail
européen.
Liste 5: CSV
Le CSV se propose de régler l'accès
des citoyens aux informations publiques par voie de droit consacré
législativement. Il faut cependant sauvegarder le respect des données
personnelles et les intérêts supérieurs de l'Etat.
Liste 6: Déi Lénk
FRISCH Janine:
Oui.
HOFFMANN André:
Oui, mais j'irai plus loin. Au moins sur les enjeux
essentiels, un débat public devrait PRECEDER tout positionnement
des représentants du gouvernement, et il devrait disposer sur ces
questions d'un mandat explicite du Parlement. Actuellement, des principes
constitutionnels fondamentaux, tels le principe de la prérogative
du pouvoir législatif et le principe de la séparation des
pouvoirs, ne sont plus respectés.
HOFFMANN-STEFFEN Armand:
Il faut le faire comme en Suède. Chaque décision
importante pour la société civile doit se faire par référendum.
LACAFF Solange:
La société civile se sent mise à
l'écart, Il nous faut une société ouverte, participative.
Les décisions doivent être prises du bas vers le haut. Conclusion:
Dossiers sur table pour engager le débat public.
MARX Lou:
Cette politique des faits accomplis, des décisions prises au niveau des conseils des ministres européens ou encore au niveau du conseil des ministres au Luxembourg tend à devenir monnaie courante. Sans parler de la société civile qui a de plus en plus l'impression que le pouvoir se fout royalement de sa gueule. Chaque député ayant tant soi peu le sens de l'honneur devrait avoir honte, vu ces circonstances. Je suis absolument favorable à une société ouverte, participative où les décisions se prennent à la base et sont portées vers le haut. Au lieu du contraire absolu, auquel nous sommes confrontés actuellement.
Non seulement les documents officiels, mais encore
les documents qui en sont à la base, soit les dossiers entiers doivent
impérieusement être ouverts au débat public. Faute
de quoi la notion de la "démocratie" perdra de plus en plus de sa
valeur. Et du point de vue déclin du niveau démocratique,
nous sommes déjà arrivés bien bas.
SIMON Claude:
La société civile est mise à
l'écart. Il nous faut réaliser une société
ouverte et participative. Les décisions doivent être prises
du bas vers le haut. Conclusion: Pour permettre au citoyen de se faire
son opinion et de se prononcer, il faut ouvrir tous les dossiers pour engager
le débat public.
TURPEL Justin:
La société civile est mise à
l'écart de plus en plus. Il faut opter pour le sens opposé,
réaliser une société ouverte et participative. Les
décisions doivent être prises du bas vers le haut. Conclusion:
Pour mettre à même le citoyen de se faire son opinion et de
se prononcer, mettre sur table tous les dossiers pour engager le débat
public.
WEHENKEL Henri:
L'Union européenne n'est pas un Etat très démocratique. Avant d'être promulguées, les directives devraient faire l'objet d'un débat au plan national.
Question 19
En signant le traité de Maastricht, le Luxembourg a obtenu des dérogations importantes quant à la participation politique des résidents étrangers. Ces dérogations ont été réduites avec la loi de 2002 qui a élargi le droit de vote actif aux non communautaires.
Pensez-vous éliminer
complètement ces dérogations? Envisagez-vous l'inscription
automatique des résidents étrangers sur les listes électorales?
Réponses:
Liste 2: DP
La législation luxembourgeoise qui traite des élections est en conformité avec les exigences communautaires.
Par ailleurs, le DP estime que les changements prévus par la loi électorale de février 2004 constituent un pas important en direction d'une participation active des étrangers et surtout des non-communautaires à la vie politique luxembourgeoise.
En ce qui concerne une inscription automatique,
le DP tient à souligner pourtant que si on appliquait cette mesure
aux étrangers, ils seraient également soumis au droit de
vote obligatoire. Ils risqueraient de perdre leur droit de vote dans leurs
pays d'origine.
Liste 3: LSAP
Oui (pour éliminer complètement ces dérogations)
Oui, mais pour le LSAP l'inscription automatique
dans les listes électorales doit s'accompagner d'un acte d'acceptation
de la part des personnes concernées.
HAMMELMANN Paul:
Oui, à l'inscription automatique des résidents de nationalité non luxembourgeoise
Révision du système électoral
luxembourgeois (circonscriptions électorales)
NATI Romain:
Oui. Je pense que le droit de vote actif est un
élément important d'intégration.
Liste 4: Déi Gréng
Nous voulons plus de démocratie au Parlement et dans les conseils communaux. 37% des habitants du Luxembourg détiennent un passeport étranger et n'ont par conséquent pas ou peu de droits politiques. Nous voulons une société intégrée au lieu de sociétés parallèles: toutes les personnes vivant au Luxembourg doivent pouvoir décider de leur avenir commun. Lors des élections communales, les restrictions liées à la nationalité seront supprimées. L'État jouera un rôle actif dans la promotion de l'inscription des non-Luxembourgeois sur les listes électorales. La double nationalité sera offerte aux étrangers vivant au Luxembourg. Ils pourront ainsi participer aux élections législatives sans devoir renier leurs origines.
Nous sommes pour une inscription automatique des
résidents étrangers sur les listes électorales.
Liste 5: CSV
Le système actuel assure une intégration
des électeurs dans la société résidente.
Liste 6: Déi Lénk
FRISCH Janine:
Oui (pour éliminer complètement ces dérogations)
Oui (pour l'inscription automatique)
HOFFMANN André:
La simplification des procédures par l'inscription
automatique des résidents étrangers sur les listes électorales
serait déjà une avancée. Encore faudrait-il préciser
s'ils auront le droit d'annuler cette inscription (j'hésite). Ensuite,
il faut absolument poser la question du droit de vote au niveau national:
il est au fond inadmissible (et d'ailleurs dangereux) qu'un tiers de la
population résidente, et plus de la moitié de la population
active, n'a pas le droit de vote dans le pays ou elle réside ou
travaille. En fait, le suffrage universel, conquis par de dures luttes,
n'existe plus. Ce qui est plus grave (et un formidable retour en arrière),
c'est que c'est la grande majorité du salariat (aux conditions les
plus modestes) qui en est dépourvu!
HOFFMANN-STEFFEN Armand:
Éliminer complètement ces dérogations.
LACAFF Solange:
Quiconque réside et travaille dans ce pays
devrait bénéficier du droit de vote. A tous les niveaux,
également pour la Chambre des Député/es et les chambres
professionnelles (ce dernier point également pour frontaliers).
MARX Lou:
Je pense que tout résident de ce pays, de
quelle origine qu'il soit, devrait être autorisé à
participer activement à la vie politique, tant par le droit de vote
actif que passif, non seulement aux européennes et aux communales,
mais encore pour le parlement luxembourgeois et last but not least au niveau
des chambres professionnelles et des caisses de maladie. Je pense encore
que tout un chacun qui par l'apport de son travail contribue à la
richesse et à la survie de ce pays (je parle concrètement
des frontaliers) devrait avoir libre choix d'exercer son droit de vote
au niveau des communales, parlementaires ou européennes.
SIMON Claude:
Quiconque réside et travaille dans ce pays
devrait bénéficier du droit de vote. A tous les niveaux,
également pour la Chambre des Député/es et les chambres
professionnelles (ce dernier point vise également les frontaliers).
TURPEL Justin:
Quiconque réside et travaille dans ce pays
devrait bénéficier du droit de vote. A tous les niveaux,
également pour la Chambre des Député/es et les chambres
professionnelles (ce dernier point vise également les frontaliers).
WEHENKEL Henri:
Les dérogations ont été justifiées par le nombre très élevé d'étrangers. Ce fait plaiderait justement pour une intégration plus rapide et non pour l'inverse. L'inscription automatique serait un moyen, il faudrait aussi commencer avec la mise en pratique de la participation des étrangers sur le plan des listes électorales, des conseils communaux et des partis politiques.
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