La Commission luxembourgeoise "Justice et Paix" s'associe à cette cause. Déjà en 1993, elle avait rédigé un document avec des arguments pour combattre la xénophobie au Luxembourg. En voici une deuxième édition, revue et actualisée. Consciente de ne pas pouvoir traiter le thème du racisme in extenso, la Commission veut cependant s'attaquer à certains raisonnements fondamentaux qui ont trait au racisme.
Dans la présente brochure, différents slogans et affirmations xénophobes qui circulent dans notre pays sont examinés de près. La Commission "Justice et Paix" essaie de les analyser et de leur opposer des faits et des arguments. Les différentes thèses xénophobes le plus souvent avancées sont traitées dans la partie centrale du dossier. En annexe, le lecteur trouvera les chiffres et les statistiques indispensables. Comme il n'est pas possible de rester neutre face au problème de la xénophobie, nous voulons tout d'abord clarifier le point de départ de la Commission "Justice et Paix". C'est un idéal chrétien qui oriente sa réflexion.
Luxembourg, mars 1997
* Cette attitude d'amour du prochain et d'ouverture à l'égard des étrangers, exigée par le christianisme, ne signifie cependant pas que nous devons glorifier les étrangers. L'autre, l'étranger n'est pas un homme meilleur, mais avant tout d'abord un homme en soi et, en tant que tel, il doit être respecté et traité comme tous les autres hommes qui sont nos prochains. Pourtant, il est souvent celui qui est plus pauvre et qui a besoin de plus d'aide et de ce fait, il nécessite particulièrement notre attention et notre affection.
* Bien que la xénophobie
soit incompatible
avec la foi chrétienne, il ne faut pas cacher qu'elle est
suscitée
par des problèmes réels: la peur de l'autre, de
l'étranger;
la frustration des laissés-pour-compte; la difficulté ou
même l'incapacité de vivre dans une société
multiculturelle; le climat d'insécurité
générale;
la violence qui augmente ... Voilà des problèmes qui sont
à prendre au sérieux et dont il faut absolument se
préoccuper.
La xénophobie doit être combattue, alors que le
xénophobe
a besoin d'aide.
Derrière le dénominateur commun "étranger" se cachent des situations très diverses:
Les étrangers sont en général tous ceux qui ne possèdent pas la nationalité luxembourgeoise. Beaucoup de ces étrangers franchissent les frontières du pays: Ils sont de passage au Luxembourg, ils viennent en tant que touristes ou sont en voyage d'affaires, ils travaillent au Grand-Duché ou viennent faire des achats, ils sont réfugiés ... Ce qui importe dans ce contexte, c'est le fait que ces personnes viennent d'un milieu culturel proche ou, au contraire, éloigné du nôtre; ce qui importe encore, c'est la couleur de leur peau.
Les migrants quittent leur patrie généralement pour des raisons politiques, sociales, écologiques ou économiques, pour recommencer une nouvelle existence ailleurs. Il faut également différencier ici entre les travailleurs (p. ex. dans la construction), les employés (p. ex. dans une banque ou une société d'assurances) ou les cadres (p. ex. dans les institutions européennes).
Les frontaliers viennent tous les jours des régions limitrophes pour travailler au Grand-Duché.
Les réfugiés et
les demandeurs
d'asile cherchent refuge dans notre pays. D'après la
Convention
de Genève, relative au statut des réfugiés, seule
une personne qui, "craignant avec raison d'être
persécutée
du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son
appartenance
à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se
trouve
hors du pays dont elle a la nationalité", est
considérée
comme réfugié.
On peut p. ex. être tout à fait d'avis qu'il y a trop d'élèves étrangers dans certaines classes scolaires. "Trop" signifie dans ce cas qu'il est presque impossible à l'enseignant de respecter la totalité du programme scolaire prescrit. La solution de ce problème ne consiste cependant pas à refuser l'accès à l'école aux enfants étrangers ou à les renvoyer dans leur pays d'origine. La solution ne consiste pas non plus à imposer globalement nos programmes aux enfants étrangers. Il faut plutôt veiller à ce que de telles situations ne surviennent pas - car elles posent des problèmes à tous les concernés, aussi bien aux Luxembourgeois qu'aux étrangers -, p. ex. par l'introduction de nouveaux concepts d'enseignement ainsi que de nouveaux programmes et d'une organisation scolaire différente.
Il est également compréhensible que certains autochtones en ont assez de rencontrer partout dans leur vie quotidienne (quartier, lieu de travail, train ou bus, magasins, cliniques, cafés ou restaurants etc.) des étrangers. Le fait de ne pas pouvoir parler dans sa langue maternelle avec les étrangers constitue un grand problème. Beaucoup de gens ne supportent pas non plus des habitudes de vie qui leur sont étrangères. Doit-on ou peut-on cependant renvoyer ces étrangers dans leur pays d'origine? Doit-on ou peut-on les obliger à apprendre notre langue? (Voir notre réponse au point 6.)
En regardant la situation démographique de notre pays, p. ex. la pyramide des âges et le renouvellement nécessaire, il n'y a pas trop d'étrangers: En effet, c'est uniquement grâce à eux que la démographie connaît une évolution positive au Grand-Duché. (Voir annexe.)
En ce qui concerne les réfugiés, le nombre des demandes d'asile reste dans les normes raisonnables: En 1996, 263 hommes et femmes ont demandé l'asile politique au Grand-Duché en vertu de la Convention de Genève; la plupart étaient des réfugiés venant des territoires de l'ancienne Yougoslavie. 22 personnes seulement ont reçu une réponse positive. S'y ajoute un groupe de 26 réfugiés irakiens venant de Turquie. Des quelque 2.500 réfugiés de l'ex-Yougoslavie, environ 1.750 sont restés au Luxembourg; la plupart de ces réfugiés sont entretemps intégrés et ont acquis le statut d'immigré.
D'après une convention
internationale, le
Luxembourg a le droit de renvoyer les réfugiés qui ne
viennent
pas directement au Grand-Duché, dans un pays tiers dit
sûr.
La situation géographique de notre pays fait que cela arrive
très
souvent.
En mars 1996, on dénombrait 218.044 salariés au Grand-Duché. 59.617 d'entre eux étaient des étrangers vivant dans le pays et 57.782 des frontaliers. 53,8% de la population active étaient donc des étrangers. Face à ces 117.399 étrangers il y avait 5.662 demandeurs d'emploi, dont 42% de Luxembourgeois.
Il ne peut pas être question de renvoyer ces étrangers dans leur pays d'origine. D'une part, des emplois qui nécessitent une certaine qualification ne peuvent pas être occupés par des demandeurs d'emploi luxembourgeois non-qualifiés. D'autre part, on ne trouverait pas assez de Luxembourgeois pour faire tous les travaux pénibles que font les étrangers.
Ce ne sont donc nullement les étrangers qui sont responsables du chômage des Luxembourgeois. De même, il ne peut guère être question d'une pression sur les salaires et traitements de la part des étrangers puisqu'il existe des dispositions légales sur les salaires au Luxembourg, comme p. ex. le salaire minimum garanti et les contrats collectifs par branche d'activité ou au sein des entreprises.
Certains peuvent le regretter, mais il est vrai que ce sont les étrangers qui font vivre notre économie dans maints domaines (capital d'entreprises, main-d'oeuvre, consommation). En plus, la prospérité du Grand-Duché n'est et ne reste possible que grâce aux nombreux salariés étrangers (migrants et frontaliers). Leur exode massif ressemblerait à une catastrophe économique. De même, il est absurde d'affirmer que dans le passé cette prospérité aurait été due aux seuls Luxembourgeois: Depuis plus de cent ans déjà, des étrangers travaillent dans notre pays et ils ont beaucoup contribué au niveau de vie actuel au Grand-Duché, qui est un des plus hauts du monde.
De toute façon, en vertu des lois de l'UE en vigueur - qui, d'ailleurs, sont également applicables aux Luxembourgeois qui se trouvent dans un pays étranger -, les citoyens de l'Union Européenne doivent être traités en matière du droit du travail à tous les égards de la même façon que les autochtones et il est interdit de les discriminer systématiquement.
Depuis le milieu des années 80, notre marché du travail devient de plus en plus un marché du travail régional au sein de l'Europe. Une Europe unie implique également la libre circulation, il est donc normal que des entreprises et des salariés étrangers viennent au Grand-Duché, de même que des entreprises et des salariés luxembourgeois exercent leur activité à l'étranger.
Abstraction faite des dispositions du droit du travail en vigueur, les contrats de travail à durée déterminée ne réduiraient pas le nombre d'étrangers. Lorsqu'il existe vraiment une demande de salariés qui ne peut être satisfaite que par des étrangers - par manque d'indigènes -, de tels contrats à durée déterminée devraient être renouvelés sans cesse et le nombre d'étrangers resterait par conséquent constant.
Il nous semble que derrière
cette revendication
se cache en réalité le désir de se
débarrasser
le plus vite possible des étrangers déplaisants et
d'empêcher
somme toute un élan de solidarité avec les
étrangers.
De même, on essaie ainsi d'empêcher l'intégration
des
étrangers. De telles mesures sont insupportables du point de vue
humain et déchirent les familles. Du point de vue
démographique
également, elles sont préjudiciables à notre pays.
(Voir le point 1.)
De nombreux travaux pénibles et plutôt dangereux, où ont lieu le plus d'accidents et où le réseau social est par conséquent mis davantage à contribution, sont faits en grande partie par des étrangers.
Ce que chacun fait avec l'argent qu'il a épargné ne regarde que lui. Si, d'une part, des étrangers emportent l'argent qu'ils ont gagné et épargné ici dans leur pays d'origine, il ne faut pas oublier que, d'autre part, des étrangers investissent également beaucoup d'argent au Luxembourg.
D'ailleurs, on peut constater que les
étrangers
qui vivent depuis un certain temps au Grand-Duché s'adaptent
à
la situation luxembourgeoise - également en ce qui concerne le
nombre
d'enfants.
En ce qui concerne les prix, les chiffres suivants en disent long: L'indice des loyers (base 100 en 1984) a augmenté dans la période de février 1984 à novembre 1990 de 99,03 à 148,33 pour l'ensemble des logements. Dans la période de janvier 1990 à décembre 1996, l'indice des loyers (base 100 en 1990) a augmenté pour les maisons unifamiliales de 98,90 à 129,62 et pour les appartements de 97,77 à 146,80. Le prix moyen d'un terrain par mètre carré en 1980 était de 774 francs, en 1987 de 1.337 francs et en 1994 de 3.223 francs, tandis que le prix de la surface habitable par mètre carré pour les maisons unifamiliales en 1980 était de 25.494 francs, en 1987 de 36.155 francs et en 1994 de 52.729 francs et pour les appartements respectivement de 21.785, 35.513 et 52.641 francs. [4]
Aussi bien les Luxembourgeois que les étrangers ont du mal à trouver un logement locatif à un prix raisonnable. Souvent, les étrangers se contentent de logements plus petits; cependant, certains propriétaires sont plutôt réticents pour louer leur bien à des étrangers.
La crise du logement et les
augmentations de prix
qui en découlent ont des causes multiples:
* Contrairement à ce qui se passait
jadis, on ne trouve aujourd'hui que rarement plusieurs
générations
qui vivent sous un même toit, ce qui entraîne un nombre
croissant
de ménages et un plus grand besoin de logements.
* Le nombre élevé de divorces
a également des répercussions sur le marché
immobilier.
* S'y ajoute le nombre croissant de familles
monoparentales et de personnes seules.
Par leur nombre, les étrangers jouent également un rôle dans les origines de la crise du logement, mais ils n'en sont pourtant pas la cause principale.
Dans notre système économique, l'immobilier est soumis aux mécanismes de l'offre et de la demande du marché. La majorité des étrangers qui vivent et travaillent chez nous y est soumise, tout comme de nombreux autochtones. Il serait plus juste de dire: Une minorité de Luxembourgeois et d'étrangers aisés, riches et spéculateurs contrôle le marché immobilier dans ce pays et est responsable de la crise du logement et des prix exorbitants qui pénalisent surtout les autochtones et étrangers moins aisés.
En plus, ce sont nos gouvernements successifs ainsi que des entreprises luxembourgeoises et étrangères qui ont fait appel à des étrangers pour venir travailler au Grand-Duché, sans pour autant veiller à ce qu'il y ait des logements en nombre suffisant. Ils portent donc aussi une part de responsabilité dans cette situation difficile. Il ne suffit pas d'accorder des autorisations de séjour, mais il faut également créer les structures pour garantir à tous ici - Luxembourgeois, migrants ou réfugiés - un droit au travail et au logement et leur permettre d'y accéder.
On ne peut pas dire globalement que les
étrangers
aient les meilleurs logements. Souvent, c'est le contraire. Il faut
distinguer
ici entre les différentes catégories d'étrangers.
D'ailleurs, nous devrions aussi être reconnaissants aux
étrangers
d'avoir rénové de nombreuses vieilles maisons. En plus,
il
ne faut pas oublier que nos maisons sont construites en grande partie
par
des travailleurs immigrés puisque dans le secteur de la
construction,
la très grande majorité des travailleurs sont des
étrangers
(86%).
Ces problèmes, nous devons les
aborder ensemble,
Luxembourgeois et étrangers. Dans ce contexte, il est important
d'insister sans cesse sur la nécessité d'éviter la
production de déchets et de recycler les produits qui sont
encore
utilisables; en plus, il faut donner soi-même le bon exemple.
La langue française est fortement représentée (marché du travail), surtout aussi à cause des nombreux frontaliers francophones; ceci entraîne des situations conflictuelles dans la vie quotidienne.
Dans le système scolaire luxembourgeois, de très grandes connaissances de langues sont exigées, ce qui empêche souvent l'acquisition d'une qualification. Le frontalier qui obtient une telle qualification - avec une seule langue -, arrive à trouver un travail dans de nombreux domaines.
Beaucoup de Luxembourgeois tout comme de nombreux étrangers ont des difficultés à bien s'exprimer dans les trois langues (dans nos pays voisins, on apprend une seule langue et on se débrouille partout avec celle-ci).
A partir de 1999, la réglementation linguistique suivante sera appliquée dans les conseils communaux: Le luxembourgeois restera la langue qui sera parlée en principe. Les membres du conseil communal pourront toutefois s'exprimer dans une des trois langues officielles. Une traduction n'est pas admise; il est supposé que les étrangers comprennent le luxembourgeois et que les Luxembourgeois comprennent l'allemand et le français, même s'ils ne le parlent peut-être pas nécessairement.
La fonction de la langue est de permettre aux gens de communiquer entre eux, c'est pour cela qu'elle ne doit pas devenir un obstacle insurmontable. Nous avons besoin de communiquer avec les autres et nous devrions faire de notre mieux pour nouer des relations avec eux.
Le Conseil National pour Etrangers souligne également qu'il est important de cultiver le trilinguisme et de promouvoir la langue luxembourgeoise. Pour cela, il faut cependant aussi investir davantage dans les conditions qui permettent de réaliser ces objectifs.
Lorsqu'on exige des étrangers qu'ils maîtrisent la langue luxembourgeoise - ce qui est tout à fait raisonnable et en de nombreux domaines aussi nécessaire (pensons seulement aux cliniques et aux maisons de retraite) -, on doit également leur donner la possibilité de l'apprendre. Dans ce contexte, la Suède - où on paye aux salariés étrangers 330 heures d'enseignement de la langue suédoise pendant leur horaire de travail normal - peut nous servir d'exemple.
En ce qui concerne l'identité culturelle, il faut d'abord se poser une question de principe: Quelle relation vis-à-vis de cette identité exige-t-on des étrangers? Différents modèles sont possibles (leur dénomination suit la terminologie internationalement en usage, qui ne correspond pas nécessairement à la langue courante):
* Exclusion: Les étrangers doivent vivre complètement à l'écart. Cette conception recèle l'idée d'une culture complètement "pure", homogène.
* Assimilation: Les étrangers doivent s'adapter unilatéralement.
* Intégration: Cette notion n'est pas très claire. Lorsqu'on l'emploie, il faut se demander: De quoi parle-t-on? De qui parle-t-on?
Pour certains, "intégration" signifie que les étrangers, les "autres" s'intègrent en principe dans la culture et le mode de vie indigènes, mais qu'ils gardent ceux des éléments de leur propre culture qui ne "dérangent" pas, comme p. ex. le folklore, la cuisine etc.
Nous désignons par "intégration" un long processus dynamique qui prend naissance lorsque, d'une part, la population d'un pays accueille et accepte comme partenaires des hommes et des femmes venant d'autres pays (des étrangers) avec leurs propres cultures et leurs compétences, et lorsque, d'autre part, ces hommes et ces femmes ont la volonté de s'intégrer dans les structures du pays d'accueil en faisant preuve de créativité.
Le but de ce long processus est la
* société pluriculturelle: Dans les structures données d'un pays, des indigènes et des étrangers vivent suivant leur propre culture, mais dans un échange dynamique réciproque et sans exclure ou même entraver un développement convergent de leur identité. [5]
L'Eglise catholique du Luxembourg a opté pour ce modèle pluriculturel. Les autres modèles sont inacceptables du point de vue humain puisqu'ils rendent impossible une vie commune. En plus, ils conduisent à un appauvrissement de la culture luxembourgeoise qui, depuis toujours, a été nourrie et enrichie par l'apport de cultures étrangères. Enfin, ils sont illusoires parce que notre identité est depuis longtemps continuellement influencée par les étrangers qui vivent ici, par les médias étrangers, par le goût pour les voyages des Luxembourgeois eux-mêmes etc.
D'ailleurs, rien n'empêche ni
l'Etat ni des
organisations privées de promouvoir la langue et la culture
luxembourgeoises,
ce qui après tout se fait déjà.
En plus, lors des élections
communales, des
listes électorales contenant plus de 50% d'étrangers sont
interdites. Pensons également à l'appel lancé par
différentes associations d'étrangers à leurs
compatriotes
de s'intégrer - selon leurs sensibilités politiques -
dans
les partis politiques luxembourgeois existants.
D'autres par contre, à savoir les réfugiés, ont été forcés de quitter leur patrie parce que leur vie y était menacée. Ils cherchent refuge au Luxembourg et souvent, ils n'ont que peu d'espoir de pouvoir retourner un jour chez eux.
En général, la volonté de s'intégrer ne peut naître chez les étrangers qu'après un certain temps, lorsqu'ils ont pris pied, lorsqu'ils se sentent acceptés et lorsque des droits leur sont aussi accordés.
Cette volonté d'intégration se manifeste de différentes façons, suivant les différentes catégories d'étrangers et leurs intérêts spécifiques.
Après tout, nous devons être conscients que l'intégration - même suivant le modèle pluriculturel - ne peut pas avoir lieu du jour au lendemain. Le rejet ou l'exclusion des étrangers constitue en tout cas un obstacle difficile à surmonter pour arriver à cette intégration.
Voilà pourquoi il faut voir de
manière
différenciée le fait, apparemment constaté, de ne
pas vouloir s'intégrer et on ne doit pas y répondre par
la
contrainte ou par une ghettoïsation.
Nous sommes d'avis que l'Etat et d'autres institutions, comme p. ex. les Eglises, sont certes aussi chargés de résoudre ce problème, mais que sa solution dépend essentiellement du comportement concret de chaque Luxembourgeois et de chaque étranger dans leurs relations quotidiennes.
Nous pensons que chacun peut et doit faire trois choses: savoir, apprendre, agir.
Il faut apprendre et s'exercer à vivre en communauté. Celui qui arrive à le faire avec ses propres compatriotes, aura plus de facilité à accepter et à respecter la différence de son prochain, étranger ou - vice versa - luxembourgeois.
Ensuite, c'est le "learning by doing" (apprendre quelque chose en le faisant) qui importe dans les relations entre autochtones et étrangers: On apprend à vivre avec l'autre en le fréquentant.
Enfin, on peut essayer, lors
d'entretiens avec des
autochtones, de relativiser les peurs et les préjugés et
de s'opposer énergiquement à toutes sortes de
clichés
et d'histoires horribles sur les étrangers ou sur d'autres
minorités.
(Illustration: Gabi Kopp - Caritas
Suisse)
Notes:
[1] Traduction: La Bible de
Jérusalem.
[2] Ville de Luxembourg, Service Logement: Rapport
d'activité, exercice 1996.
[3] LIP-Consulting: Untersuchungen zum Wohnungswesen
in Luxemburg (September 1993); contenu dans: Ministère du
Logement
et de l'Urbanisme: Rapport d'activité 1993.
[4] Source: Statec - Service central de la statistique
et des études économiques.
[5] Souvent, on désigne par société
"multiculturelle" la coexistence, l'une à côté de
l'autre,
de deux ou plusieurs cultures dans la même société.
Un processus dynamique "interculturel" peut conduire à
l'objectif
visé, la société "pluriculturelle" qui
elle-même
évolue constamment.
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