Il y a deux
ans, le 9 juillet 2004,
la Cour Internationale de Justice de La Haye – la plus haute
juridiction internationale – a condamné le Mur qu'Israël
est en train de construire: L'avis de la CIJ affirme que le Mur est
contraire au droit international et qu'Israël est dans
l'obligation de le démanteler partout où il se trouve
à l'intérieur des Territoires palestiniens (94% du trajet
selon Amnesty International) et de dédommager les Palestiniens
lésés (destruction de leurs maisons, de leurs champs et
de centaines de milliers d'oliviers). Par ailleurs, l'avis affirme
l'obligation de tous les Etats de ne pas reconnaître cette
situation illégale et d'adopter des mesures efficaces afin
d'amener Israël à respecter le droit international. Le 20
juillet 2004, l'Assemblée générale de l'ONU a
ratifié cet avis à travers la résolution ES-10/15.
Que s'est-il
passé depuis?
Israël n'a pas seulement poursuivi la construction du Mur, mais a
redoublé d'efforts pour coloniser la Cisjordanie et
Jérusalem-Est. Au total, ce mur qui coûte 1.800.000 euros
par kilomètre devrait atteindre 670 kilomètres et
permettre à Israël de contrôler 60% de la
Cisjordanie. Il rendra encore plus difficile, voire impossible,
l'accès des malades aux hôpitaux, des
élèves, étudiants et professeurs à leurs
écoles, des agriculteurs à leurs champs.
Autour de
Jérusalem, en
particulier, le Mur vise à parachever la judaïsation de la
Ville Sainte, remettant en cause son statut de ville ouverte pour les
trois religions. Il est destiné à réduire le
nombre de Palestiniens, qu'ils soient chrétiens ou musulmans,
à accroître la population juive et à saper ainsi
les revendications des Palestiniens qui veulent faire de
Jérusalem-Est la capitale d'un Etat palestinien
indépendant. Cette politique de colonisation et d'annexion
menée par Israël a été condamnée par
de nombreuses résolutions des Nations unies.
En poursuivant
sa politique du "fait
accompli", Israël compromet gravement la possibilité d'un
accord final avec les Palestiniens: Le Mur, en renforçant la
colonisation, en isolant totalement Jérusalem-Est et en scindant
la Cisjordanie en deux, rend impossible la création d'un Etat
palestinien viable et indépendant.
Dans leur
rapport de novembre 2005,
les diplomates européens en poste à Jérusalem et
à Ramallah ont clairement dénoncé cette politique.
Mais les ministres des Affaires étrangères – qui par
ailleurs ne se privent pas de faire pression sur le gouvernement
légitime palestinien en le privant de moyens financiers qui font
cruellement défaut à toute une population – ont
refusé, avec des arguments peu convaincants, la publication de
ce rapport. Israël continue à profiter d'une relation
privilégiée avec l'UE.
Le dernier
rapport d'Amnesty
International (pp. 147-150) établit les mêmes constats
qu'en 2005 et 2004: les attaques de l'armée israélienne
(190 Palestiniens tués, dont 50 enfants), les attaques de
groupes armés palestiniens et les Israéliens tués
(41 civils, dont 6 enfants), les attaques par les colons
israéliens dans les Territoires Palestiniens occupés, les
détentions administratives arbitraires de Palestiniens par les
autorités israéliennes (y compris le recours aux mauvais
traitements et à la torture) et l'impunité dont jouissent
souvent les soldats, la police et les colons israéliens.
Pour toutes ces
raisons, les
associations signataires appellent le Gouvernement luxembourgeois ainsi
que l'Union européenne à prendre enfin les mesures
appropriées en vue d'amener Israël à respecter ses
obligations qui découlent du droit international, de la 4e
Convention de Genève, des résolutions des Nations unies
et de l'avis de la Cour Internationale de Justice sur le Mur.
Luxembourg,
le 8
juillet 2006
Organisations
signataires:
ACAT
(Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture)
Amnesty
International Luxembourg
ASTM (Action Solidarité Tiers
Monde)
ATTAC
Luxembourg
Caritas Luxembourg
Cercle des ONG de Développement
CLAE (Comité de Liaison des
Associations d'Etrangers)